Cette étude examine la dynamique de la pauvreté dans six pays de l'OCDE (Canada, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et États-Unis). Elle fournit des informations détaillées sur la nature de la pauvreté, les groupes subissant un état de pauvreté permanente, les caractéristiques des ménages/individus et les événements étroitement associés aux périodes de transitions ainsi que la durée de la pauvreté. On constate que le nombre d'individus touché au moins une fois par la pauvreté sur six ans est plus important que ne le suggère le taux de pauvreté statique, tandis que celui des personnes subissant un état de pauvreté persistante s'avère être plus faible. Les résultats montrent que les femmes, les familles monoparentales et les retraités vivant seuls sont plus fortement concentrés dans la pauvreté durable. Enfin, parmi les facteurs analysés, l'emploi et ses changements apparaissent comme déterminant sur les mouvements d'entrée et de sortie ainsi que sur la durée de la pauvreté.
Zeynep Or
Cette étude tente d'expliquer la performance globale des pays industrialisés en matière de santé à partir de données et d'indicateurs relativement exhaustifs. Une fonction de production de santé est développée afin d'établir l'effet relatif des principaux facteurs médicaux et environnementaux sur l'état de santé. Les estimations sont effectuées dans un cadre de modèle à effets systématiques à partir de données nationales de 21 pays de l'OCDE, pour la période de 1970-92. Afin de mesurer l'état de santé des populations, les années potentielles de vie perdues (APVP) sont utilisées comme indicateur global de mortalité évitable. Les résultats confirment le rôle incontestable des facteurs environnementaux, principalement des variables socio-économiques et de modes de vie, dans l'explication des écarts de mortalité prématurée entre les pays industrialisés. Contrairement à ce qu'ont montré des études antérieures, l'impact des facteurs médicaux sur l'état de santé est aussi confirmé, notamment pour le sexe féminin.
John P. Martin
Ce document pose la question suivante : quelle contribution les politiques actives du marché du travail peuvent-elles apporter à une stratégie de lutte contre le chômage élevé et persistant ? Pour répondre à cette question, il est capital de savoir ce qui "fonctionne" dans les politiques actives et dans quelles conditions. La deuxième section donne quelques informations concrètes sur les dépenses publiques consacrées aux politiques du marché du travail dans les pays de l'OCDE ces dix dernières années. La troisième section passe en revue ce qui a été récemment publié sur l'évaluation de ces politiques, et la quatrième examine les interactions entre les politiques actives et les politiques passives du marché du travail à partir d'études approfondies réalisées dans 16 pays de l'OCDE.
Thomas Dalsgaard et Alain de Serres
Dans cette étude, les auteurs estiment un modèle VAR structurel pour 11 pays de l'Union européenne afin d'évaluer l'effet sur le déficit du secteur public en pourcentage du PIB de quatre types de chocs économiques indépendants : chocs d'offre, chocs de politique budgétaire, chocs de demande réelle du secteur privé et chocs monétaires. A partir de la distribution estimée de ces chocs, des simulations stochastiques sont utilisées pour obtenir des estimations du solde budgétaire corrigé des fluctuations conjoncturelles qui permettrait de minimiser les risques que la limite de 3 pour cent fixée dans le cadre du Pacte de Stabilité et Croissance ne soit franchie sur divers horizons temporels et pour différents seuils de confiance. Les chocs de politique budgétaire sont neutralisés au cours des simulations afin de ne prendre en compte que le mouvement du solde budgétaire qui relève des effets de la stabilisation automatique. Il ressort de l'analyse que si les gouvernements visaient un déficit corrigé des fluctuations conjoncturelles compris entre 1 et 1.5 pour cent du PIB, le déficit effectif se maintiendrait, avec une probabilité de 90 pour cent, dans la limite des 3 pour cent sur un horizon de trois ans, sans qu'il soit nécessaire d'ajuster la politique budgétaire de manière procyclique. Cet horizon pourrait être étendu jusqu'à une durée de cinq à sept ans si les gouvernements optaient pour un objectif de solde budgétaire "proche de l'équilibre", défini comme un déficit corrigé des fluctuations conjoncturelles compris entre zéro et 1 pour cent du PIB. Les résultats suggèrent également que les objectifs à moyen terme de solde budgétaire, tels que stipulés pour chacun des pays dans les programmes de Stabilité (pour les pays de la zone euro) et dans les programmes de Convergence (pour les pays ne participant pas à la zone euro), apparaissent prudents dans l'ensemble, du moins par rapport à un horizon de 3 ans. Toutefois, pour un horizon s'étendant au-delà de trois ans, il serait plus prudent pour les quatre plus grandes économies de l'Union européenne et l'Autriche de poursuivre des objectifs de consolidation budgétaire un peu plus ambitieux que ceux soumis dans leurs Programmes respectifs.
Stéphane Jacobzone, Emmanuelle Cambois et Jean-Marie Robine
Cette étude prolonge l'étude des tendances des taux d'incapacité chez les personnes âgées à un échantillon de pays de l'OCDE pour lesquels on dispose de données cohérentes pendant un certain laps de temps. Il apparaît que l'incapacité sévère voit ses taux diminuer nettement, en particulier pour la population en ménage ordinaire. Les données sur la fréquence de l'incapacité ont été combinées à des projections démographiques afin d'obtenir des estimations du nombre de personnes âgées dépendantes à l'horizon 2020. L'étude compare les résultats de deux types de projections : l'une basée sur l'hypothèse que l'évolution récente des taux d'incapacité va se prolonger au cours de la période de projection, et l'autre sur l'hypothèse que ces taux resteront stables au cours de la période de projection. Bien que l'amélioration de l'état de santé des personnes âgées soit un facteur important en termes de bien être, les résultats sont plus mitigés pour les finances publiques. Il apparaît que la "désinstitutionnalisation", avec un recours accru aux soins à domicile a une incidence plus marquée en termes de finances publiques que l'évolution de l'incapacité par elle-même.
Willem Adema
Ce court exposé présente une mise à jour des indicateurs des dépenses sociales nettes qui a pour but de faciliter la comparaison de l'effort de protection sociale des pays (voir la Revue économique de l'OCDE No. 28). Il décrit les effets de l'ajustement des données types sur les crédits budgétaires destinés à un usage social, effectué pour tenir compte des impôts sur les transferts en espèces, des impôts indirects sur la consommation financée par les prestations sociales et des allégements fiscaux consentis à des fins sociales. Les pays examinés sont maintenant au nombre de treize (Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, Irlande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède) et la définition des dépenses sociales a été élargie de manière à englober les dépenses sociales volontaires du secteur privé. L'examen des dépenses sociales à travers un cadre aussi complet permet de constater que les différents pays sont très proches les uns des autres quant au niveau de ces
dépenses.