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L’emploi, tant formel qu’informel, est l’une des principales voies de sortie de la pauvreté pour les hommes et pour les femmes. En créant davantage d’emplois et des emplois de meilleure qualité, ainsi que des possibilités viables de travail indépendant, on contribue à une croissance qui peut bénéficier aux pauvres : davantage d’individus sont à même de s’associer au processus de croissance, d’accroître leur revenu, de gagner leur vie et d’avoir un meilleur accès à une plus large gamme de biens et services. Les politiques et les institutions de l’emploi et du marché du travail jouent un rôle important dans la situation de l’emploi. Mais dans de nombreux pays en développement, il est difficile de créer des emplois plus nombreux, de meilleure qualité et plus productifs car les marchés du travail sont faibles et ont beaucoup de jeunes à intégrer sur de courtes périodes. De plus, les hommes et les femmes pauvres n’ont souvent guère accès à des ressources et à des compétences productives.
Pour améliorer la situation de l’emploi dans les pays en développement, l’un des principaux points à traiter est le sous-emploi - et non pas « seulement » le chômage. Les personnes en situation de sous-emploi accomplissent généralement un travail harassant et faiblement productif dans l’économie informelle, qui ne leur fournit pas les moyens de sortir de la pauvreté et leur offre soit une protection sociale insuffisante, soit pas de protection sociale du tout. Il nous faut par conséquent sortir de notre conception traditionnelle du marché du travail pour mieux comprendre la dynamique et les interactions entre la croissance, l’emploi et la réduction de la pauvreté dans les pays en développement.
Par le passé, la principale source d’emplois formels était le secteur public, en particulier les entreprises d’État. Les programmes d’ajustement structurel et les politiques d’austérité budgétaire ont conduit à des destructions massives d’emplois, qui ont exacerbé la pauvreté et augmenté le sous-emploi dans le secteur privé, lequel n’était pas en mesure de prendre la relève en offrant des emplois productifs. On comprend dès lors le rôle critique que doit jouer le secteur privé dans la création d’emplois. Pourtant, dans les politiques sectorielles des pays en développement et de la communauté des donneurs, il apparaît que la création d’emplois hors du secteur public n’a pas été privilégiée.
L’emploi est souvent considéré comme un effet secondaire ou une conséquence des stratégies et des politiques de développement dans les autres domaines. C’est lié au caractère transversal de ce thème, qui est lié à plusieurs « secteurs d’aide » traditionnels comme l’éducation, la santé, le développement du secteur privé, l’agriculture et l’infrastructure. Pourtant, on constate que l’emploi productif ne découle pas toujours automatiquement de la croissance, du moins pas autant qu’on pourrait l’espérer : il importe donc d’envisager également les conséquences qu’ont les politiques sur l’emploi. Ainsi, beaucoup de donneurs bilatéraux ne placent pas l’emploi au cœur de leurs efforts de promotion d’une croissance qui bénéficie aux pauvres, et ne prévoient pas de panoplies complètes de politiques pour relier entre elles différentes interventions sectorielles. De même, la première génération de stratégies de réduction de la pauvreté (SRP) n’accordait pas beaucoup d’attention aux aspects quantitatifs et qualitatifs de la création d’emplois. Aujourd’hui, la deuxième génération de SRP insiste de plus en plus explicitement sur les questions d’emploi, avec la notion de travail décent et l’importance de la protection sociale.
Pour contribuer à placer au centre du débat sur la croissance favorable aux pauvres des thèmes axés sur la création d’emplois plus nombreux, de meilleure qualité et plus productifs, le réseau POVNET accorde une large place dans son programme de travail 2007-2008 aux questions d’emploi et de marché du travail.
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