Examen de l’OCDE de la coopération pour le développement de la Suisse

9/11/09 – Le volume d’aide accordé par la Suisse s’est établi à 2,02 milliards USD en 2008 (2,19 milliards FS), en hausse de plus de 6 % sur l’année précédente, et totalisé 0,421 % de son revenu national brut (RNB). En 2008, la Suisse avait déjà dépassé l’objectif souscrit à Monterrey qui était de  porter, d’ici 2010, la part de l’APD à 0,4 % de son RNB. La Suisse devrait opter pour l’objectif de 0,5 %, tout en continuant à viser celui de 0,7 % fixé par l’ONU. Telle est l’une des recommandations formulées lors de l’ examen par les pairs de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) du Rapport sur la coopération pour le développement de la Suisse, présenté aujourd’hui à Berne.

A la demande du Parlement, le Conseil fédéral a évalué les possibilités de porter à 0,5 % le ratio  APD/RNI d’ici à 2015, et reconnu que l’objectif général était d’accroître l’APD. Toutefois, compte tenu des contraintes financières actuelles, le Conseil fédéral demandera au Parlement de débloquer des moyens supplémentaires pour les Banques multilatérales de développement seulement à partir de 2013.

La Suisse possède une longue tradition d’aide internationale, au profit de causes humanitaires et des donneurs multilatéraux, dont on peut tirer des enseignements en matière de bonnes pratiques. La Suisse contribue aussi à la réflexion internationale sur la gouvernance et le développement de pays en  situation de fragilité. En effet si une part prédominante de l’aide de la Suisse est allouée aux pays les plus pauvres du monde (65 % de son APD bilatérale), elle reste dispersée entre un trop grand nombre de pays et de secteurs. La Suisse s’efforce maintenant de mieux cibler son aide tant au plan géographique que sectoriel. Ce faisant, elle devrait confirmer que l’objectif principal que toute son action de coopération  en faveur du développement est de réduire la pauvreté, notamment en privilégiant le développement durable et équitable.

Environ 80 % de l’aide de la Suisse est gérée conjointement par les ministères suisses de l’économie et des affaires étrangères. Tout en se félicitant des mesures prises par ce pays pour renforcer son approche stratégique à l’égard de la coopération pour le développement, l’examen note qu’une concertation plus étroite entre les deux ministères permettrait de réduire les doubles emplois et les coûts de transaction. Les réformes institutionnelles en cours délègueront plus d’autorité aux antennes locales en vue de renforcer l’efficacité de la coopération pour le développement.

En réformant son système d’aide, la Suisse devra aller plus loin pour fixer des normes, surveiller les résultats et évaluer l’impact de ses programmes de coopération pour le développement. La Suisse se heurte à des difficultés pour faire appliquer certains des principes internationaux propres à améliorer l’efficacité de l’aide, en particulier dans les États fragiles.

La Suisse a accompli des progrès sur la voie de l’harmonisation de son action dans certains secteurs, comme celui des échanges et la restitution des actifs volés, avec ses engagements en faveur du développement. Elle doit s’appuyer sur ces exemples pour assurer la cohérence de toutes ses politiques avec ces engagements. Elle doit s’efforcer de mieux  communiquer les résultats positifs de ses activités d’aide pour préserver le degré élevé d’adhésion de l’opinion et des responsables politiques.

Pour plus d’information, veuillez consulter www.oecd.org/cad/examenspairs/suisse ou contacter Karen Jorgensen ou Jolanda Profos au +33 1 45 24 94 61.

Lire le rapport complet

 

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