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10/04/2008 - Le gouvernement hongrois doit mener à bien son plan de réduction du déficit public – aujourd’hui le plus élevé de la zone OCDE – à moins de 3% du produit intérieur brut à l’horizon 2010 pour que le pays développe son potentiel de croissance économique, relève un rapport de l’OCDE.
Avec un déficit qui atteint actuellement 5,5% du PIB et une dette du secteur public plus élevée que dans les autres pays d’Europe centrale, la Hongrie doit assainir ses finances publiques en améliorant l’efficacité de la dépense publique et augmenter son potentiel de croissance en engageant des réformes structurelles dans d’autres domaines, estime le rapport.
“Le défi le plus immédiat de la Hongrie consiste à instaurer plus de discipline dans les finances publiques en réformant la fiscalité et les dépenses publiques,” a déclaré Aart de Geus, Secrétaire général adjoint de l’OCDE. “Si le programme de réforme se déroule comme prévu, il sera bénéfique pour l’économie dans son ensemble ; il améliorera le niveau de vie de toutes les couches de la société et permettra à la Hongrie de reprendre le processus de rattrapage des autres pays de l’OCDE.”
Selon l’étude Reforms for Stability and Sustainable Growth: an OECD Perspective on Hungary (en anglais uniquement), en persévérant sur la voie des réformes prévues, la Hongrie pourra résoudre une série de problèmes qui entravent la croissance économique et l’amélioration du niveau de vie. Il s’agit notamment de la faiblesse des taux d’emploi, des obstacles à la réussite entrepreneuriale et des carences des systèmes d’enseignement supérieur et de santé.
Les gains immédiats de la réforme se traduiront par une confiance accrue des chefs d’entreprise et par une baisse des taux d’intérêt, indique le rapport. Ils devraient être amplifiés à moyen terme par une amélioration des perspectives d’allègement des impôts. Mais le rapport ajoute qu’une réduction générale de la fiscalité ne doit être tentée que si elle s’accompagne de coupes dans les dépenses. Il est urgent d’atténuer le recours massif à l’impôt sur le travail en Hongrie, en particulier en abaissant les cotisations sociales patronales. Le rapport est très favorable à l’application de règles budgétaires soigneusement conçues pour insuffler une plus grande discipline dans les finances publiques.
L’amélioration du système de santé hongrois devra être obtenue dans un premier temps par des gains d’efficience et non par un accroissement des dépenses, précise le rapport. Mais il avertit que les propositions visant à instaurer la concurrence sur le marché de l’assurance maladie n’amélioreront pas nécessairement le rapport coût-efficience et la qualité. La réussite passe par la mise en place d’un cadre réglementaire cohérent, à la fois pour le suivi du système et pour la mise en application des lois.
Il est peu probable que le système de retraite actuel soit en mesure de financer les besoins futurs d’une population hongroise vieillissante, estime le rapport, qui recommande de supprimer les incitations au départ anticipé et, à mesure que l’espérance de vie augmente, de relever l’âge légal de la retraite.
Le rapport salue les avancées récentes des actions visant à stimuler le taux d’emploi. Toutefois, ces initiatives doivent être renforcées par la création d’un système efficace de services de l’emploi. En outre, pour favoriser les perspectives d’emploi des travailleurs peu qualifiés, il faudrait un salaire minimum modéré.
Le rapport préconise une réforme de la formation des enseignants pour accroître la qualité de l’éducation et rehausser le statut de la profession. Il est indispensable de renforcer le suivi et l’évaluation du système éducatif, tandis que l’accès à l’enseignement supérieur devrait être élargi. Afin d’améliorer l’éducation et l’intégration des enfants défavorisés, il faudrait éviter la ségrégation, offrir un plus large accès aux services d’accueil de la petite enfance et créer des passerelles permettant aux élèves des filières professionnelles de revenir à l’enseignement général.
Améliorer la performance du secteur des petites et moyennes entreprises (PME) est également crucial pour que la Hongrie puisse rattraper les pays de l’OCDE à revenu élevé. Le rapport appelle à promouvoir un environnement d’entreprise qui encourage l’entrepreneuriat et l’innovation par des modifications pertinentes de la fiscalité et de la réglementation. Les programmes ciblés sur les PME – par exemple en vue de faciliter leur accès au crédit bancaire et aux marchés étrangers – doivent être dûment suivis et évalués pour assurer un rapport-coût efficacité satisfaisant.
Une mise en oeuvre réussie des réformes suppose que l’administration publique elle même se montre efficace. Le rapport de l’OCDE reconnaît que la réforme administrative s’est révélée politiquement difficile dans le passé, et préconise un plus large recours à des mécanismes de consensus tels que les “tables rondes” qui permettent une analyse plus objective des réformes prévues.
Des informations complémentaires sur les travaux de l’OCDE relatifs à la Hongrie sont disponibles sur www.OECD.org/hongrie
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