Lancement de l’Examen des politiques rurales du Québec

 

Allocution d’Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE

Montréal, 7 juin 2010
 
Madame le Vice-Premier ministre, Mesdames et Messieurs, c’est un honneur pour moi d’être ici aujourd’hui pour présenter l’Examen de la politique rurale du Québec.

L’Examen des politiques rurales revêt une grande importance pour l’OCDE. Et le nombre record de participants et de pays représentés lors de la Conférence de l’OCDE sur le développement rural qui s’est tenue à Québec en octobre 2009 témoignent du souci croissant d’amélioration des espaces ruraux dans plusieurs pays. L’OCDE est reconnaissante au Gouvernement du Québec d’avoir, avec le concours du Gouvernement du Canada, eu la bienveillance d’accueillir cette conférence. La synthèse de ses travaux présente à la fois une évaluation claire des conditions pour parvenir à des zones rurales productives à l’avenir, et des exemples de mesures novatrices prises dans différents pays pour répondre à ces enjeux.

Mais venons-en à la « belle province ». Le Canada rural est un univers complexe et parfois contradictoire. Tout d’abord, il est immense, le plus vaste de l’OCDE, couvrant en effet 95 % de la superficie du pays.

Pourtant, seuls 29 % des Canadiens habitent ces énormes étendues, d’où une densité de population moyenne d’à peine quatre habitants au kilomètre carré. Compte tenu des taux d’emploi et de la démographie, certaines régions rurales du Canada figurent parmi les plus riches de la zone OCDE, tandis que d’autres se classent très bas. Le Canada rural reste fortement tributaire des ressources naturelles, même si son avantage concurrentiel dans ce domaine a diminué. Il abrite de vastes étendues forestières, mais affiche pourtant des émissions de gaz à effet de serre par habitant qui sont parmi les plus élevées de l’OCDE.

La promotion d’un développement durable du Canada rural soulève donc toute une série de défis pour les pouvoirs publics.

En premier lieu, je voudrais rappeler en quelques mots pourquoi il est important de promouvoir le développement rural. Les villes sont certes un moteur de la croissance, mais c’est une grave erreur que d’ignorer le potentiel de développement des zones rurales. Celles-ci sont porteuses d’importantes perspectives de croissance. Mais pour mettre à profit ces opportunités, il faut reconnaître que les zones rurales ne sont plus cantonnées dans des activités primaires comme l’agriculture et l’extraction minière : aujourd’hui, plus de 80 % des actifs ruraux du Québec travaillent dans les industries manufacturières et les services.

C’est aussi important de noter que les liens entre les économies rurales et les territoires urbains opèrent de plus en plus dans les deux sens. Les zones rurales fournissent aux villes un grand nombre de biens et services importants. Mais ceux-ci sont mal pris en compte dans les mesures classiques du PIB, voire carrément ignorés, et ce malgré leur très grande valeur. C’est le cas notamment du cadre naturel, de l’eau et de l’identité culturelle.

En outre, les zones rurales sont celles qui se prêtent le mieux au développement de la plupart des énergies renouvelables.

Que faire alors pour tirer profit des opportunités offertes par les espaces ruraux ? Il faut des hommes et des femmes, donc des communautés rurales saines, offrant des opportunités économiques et des conditions de vie attrayantes. Et il faut également promouvoir une interaction et une intégration plus poussées entre les économies rurale et urbaine. C’est là le but de la politique rurale.

Au Québec, la création de conditions propices représente à certains égards un défi plus important encore qu’ailleurs dans l’OCDE. Cela tient tout à la fois à la géographie, aux rapides changements sociopolitiques depuis les années 60, et à la mondialisation, qui a eu une tendance à réduire l’avantage comparatif de ces territoires ruraux. Pour faire face à ces défis, le gouvernement provincial a adopté une politique de développement rural qui est parmi les plus innovantes de la zone OCDE.

Les résultats sont là. Aujourd’hui, les zones rurales produisent 20 % du PIB du Québec. Ce sont elles qui ont connu le plus fort accroissement du revenu des ménages à l’intérieur de la province entre 2000 et 2005. Le Québec rural voit également progresser aussi bien sa population que l’emploi. Comment est-ce possible ? L’explication tient en partie à la mise en œuvre d’une nouvelle approche globale et fédératrice en matière de développement rural : la Politique nationale de la ruralité.

Cette politique a comme objectif en particulier de renforcer les capacités des communautés locales et à favoriser la création de capital social dans les territoires ruraux, en y établissant les conditions indispensables à l’entrepreneuriat et à l’emploi indépendant. Autrement dit, elle vise à stimuler une diversification économique qui s’avère être corrélée positivement avec les performances économiques du Québec rural.  

Au sein de la zone OCDE, la démarche du Québec est peut-être celle qui se rapproche le plus de ce que nous appelons le « nouveau paradigme rural ». Ce paradigme prône une politique holistique, d’investissement plutôt que de subvention, en coopération avec les populations rurales, et qui casse l’assimilation de la ruralité à l’agriculture et au déclin économique. Cette démarche constitue donc un test crucial pour ce nouveau paradigme, d’où l’importance que nous accordons à son évaluation.

En dépit de ces améliorations remarquables, le Québec rural reste confronté à de sérieux défis, au premier rang desquels des disparités régionales grandissantes. Les régions rurales reculées et celles tributaires de ressources naturelles connaissent des problèmes d’exode, de vieillissement et de diminution des possibilités d’emploi.

Le Québec n’est pas le seul à être confronté à ces défis. Les problèmes et les opportunités ruraux des différents pays de l’OCDE présentent de nombreux points communs. Il existe ainsi d’importantes possibilités d’apprentissage mutuel. Et c’est en partie pour accéder à cette expérience commune que le Québec et le Canada ont demandé à l’OCDE d’évaluer la politique rurale de la province.

Cet Examen n’a pas vocation à présenter des « solutions » toutes faites, ou à dresser une liste de « pratiques optimales » qu’il suffirait de mettre en œuvre pour réussir. L’Examen s’attache plutôt à poser les questions clés, demandant aux gouvernements provincial et fédéral de clarifier leurs priorités et leurs objectifs politiques.

La politique rurale de la province est dans l’ensemble couronnée de succès. Elle pourrait cependant être encore plus efficace en intégrant mieux la dimension sociale aux politiques économiques et de développement de l’entrepreneuriat au niveau local. Le rôle de l’initiative locale pourrait aussi être renforcé en accordant aux municipalités régionales de comté des pouvoirs accrus, nécessaires pour mettre en œuvre de façon intégrée les politiques provinciales et fédérales. Enfin, l’application de règles uniformes de protection des terres agricoles dans l’ensemble de la province n’est sans doute pas une solution optimale.

Elle peut à la fois entraver le développement d’activités non agricoles dans les régions rurales reculées, tout en s’avérant insuffisante pour protéger les espaces situés en périphérie des zones métropolitaines. Cela vaut en particulier pour Montréal, où nous recommandons de créer une « ceinture verte » et d’adopter des mesures favorisant un urbanisme plus compact.

Enfin, je voudrais dire quelques mots sur un thème qui nous semble très important pour les questions du développement rural. Comme beaucoup de régions de l’OCDE, le Québec et les autres provinces du Canada essayent aujourd’hui d’améliorer les performances des régions rurales en retard en encourageant la production d’énergie renouvelable – et s’attache ainsi clairement à donner corps à l’idée de « croissance verte ». Cette expérience revêt un grand intérêt pour l’OCDE et nos pays-membres. Nous sommes donc en train d’organiser un réseau international de régions et de pays ayant pour but d’évaluer le potentiel des énergies renouvelables en termes de création d’emplois, de stimulation de l’investissement et de renforcement des communautés rurales. Il me semble que la participation du Québec – et d'autres provinces dans ce projet donnerait une consolidation et continuité du travail entamé dans la Revue des politiques rurales.

Chers amis, nous vous souhaitons beaucoup de réussite dans l’action que vous mènerez dans les prochaines années.  Merci encore pour cette belle opportunité de vous revoir.

 

 

 

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