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OECD Secretary-General

Conférence de presse préalable à la réunion du Président de la République française avec les dirigeants des organisations internationales

 

Remarques d'Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE, prononcées à l’occasion de la Conférence de presse préalable à la réunion du Président de la République française avec les dirigeants des organisations internationales

 

17 octobre 2014, Paris, France
(As prepared for delivery)

 


Monsieur le Président, Madame et messieurs les directeurs des organisations internationales,

Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Chers amis de la presse, Chers invités,

 

 

C’est un honneur pour l’OCDE de recevoir à nouveau le Président de la République française, et pour la deuxième fois avec les dirigeants des organisations internationales économiques que nous remercions d’avoir fait le voyage jusqu’à Paris pour cette rencontre.

 

 

Nous avons un ordre du jour chargé pour la soirée, à la hauteur des enjeux de taille que rencontre l’économie mondiale, qui, six ans après le début de la crise économique, connait une période de croissance au rythme modeste, voire très modeste pour la zone euro.

 

 

La France est un cas particulier et a des atouts considérables qui peuvent étayer un redressement de sa croissance : le pays est notamment leader dans un certain nombre de secteurs à forte intensité technologique et a un système social très développé.

 


Mais les mécanismes qui lui permettraient de croître de façon plus affirmée se sont enrayés : les gains de productivité ont été modestes depuis le milieu des années 1990 et la compétitivité s’est dégradée. Les réformes structurelles que vous avez engagées, et que nous saluons, sont donc indispensables.  


Ce soir, nous allons donc aussi discuter de l’impact sur la croissance économique en France des réformes structurelles du Gouvernement. Ceci grâce à une méthodologie que nous avons développée à partir de modèles économiques et qui prend en compte les effets des réformes passées sur la croissance dans les pays de l’OCDE.

 

L’OCDE a donc chiffré l’impact des principales réformes structurelles en cours ou annoncées en France.  

Meeting with French President Francois Hollande and the Heads of International Orginisations

(De gauche à droite): Guy Ryder, OIT; Jim Yong Kim, Banque Mondiale; President François Hollande; Angel Gurría, OCDE; Christine Lagarde, FMI and Roberto Azevedo, OMC. Photo: OECD/Michael Dean

Nous estimons que ces réformes, si elles sont menées jusqu’au bout, pourront augmenter la croissance potentielle d’un quart additionnel sur les 5 ans à venir et d’un tiers à un horizon de 10 ans. Ceci représente une augmentation de l’ordre de 0.3 point par an sur 5 ans et de près de 0.4 point par an sur 10 ans. 

 

Les réformes, que ce soit celles du CICE, du Pacte de responsabilité et de solidarité, de la simplification administrative, des professions réglementées, de la fiscalité, de la formation professionnelle et de l’apprentissage, du secteur énergétique, ainsi que la réforme de la gestion des métropoles, contribuent toutes à favoriser la croissance, soit à travers une hausse de l’emploi, soit à travers une hausse de la productivité.



Pour atteindre les résultats escomptés, il est néanmoins aussi important que le Gouvernement français aille de l’avant avec les mesures en préparation concernant les professions réglementées et les secteurs de l’électricité et du gaz.



Les grandes lignes du projet de loi « pour l’activité» présentées le 15 octobre vont dans ce sens, et proposent par ailleurs des mesures additionnelles bienvenues pour renforcer la concurrence, qui sera favorable aux consommateurs, fluidifier le marché du travail, favoriser l’épargne salariale et simplifier l’actionnariat salarié, ainsi que moderniser le rôle de l’État actionnaire.

 

 

Dans l’avenir, ces réformes structurelles devront être approfondies, notamment pour continuer à réduire le dualisme du marché du travail, rééquilibrer le financement du système de retraite et rationaliser la dépense publique.




Enfin, elles devraient être accompagnées d’une réforme en profondeur des politiques de protection sociale et d’éducation, réforme qui est déjà partiellement engagée, afin de les rendre plus favorables à l’emploi et à la solidarité, en améliorant leur gouvernance et en limitant leur fragmentation.



Sur cette conclusion, je me permets de vous donner la parole, Monsieur le Président, après quoi nous répondrons aux questions de la salle, qui pourront s’adresser au Président de la République, et aux 5 dirigeants des organisations internationales économiques ici présents.  


Je vous remercie.

 

 

 

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