Rapport annuel de l'OCDE - 2004

L’année écoulée a démontré l’importance d’une coopération internationale dans une économie mondiale en évolution constante. Les pays membres de l’OCDE ont travaillé ensemble pour améliorer le gouvernement d’entreprise et pour restaurer la confiance sur les marchés. Ils ont également achevé trois années de travail consacrées aux systèmes de santé qui étayent nos sociétés pour les rendre aussi efficaces que possible. Par ailleurs, ils ont fait le bilan des progrès accomplis dans la lutte contre les dommages causés à l’environnement et ont défini les domaines pour une action future.
La plupart des défis qui restent à relever nécessitent une coopération internationale,
notamment pour celui qui consiste à atteindre les objectifs ambitieux pour le monde en développement, fixés par la communauté internationale.
Favoriser la croissance
Après une longue série de faux départs, la reprise a finalement pris corps au deuxième semestre de 2003 et semblait vouloir se renforcer à court terme. Mais ce scénario prometteur n’est pas garanti. Tous les grands pays de l’OCDE subissent des déficits publics historiquement élevés qui pourraient avoir une incidence sur la reprise. La persistance des très grands déséquilibres des comptes courants à ce stade précoce de la reprise pourrait également assombrir les perspectives. Créer des conditions pour favoriser la croissance n’est pas suffisant. L’augmentation des coûts des pensions et des soins de santé due au vieillissement rapide de la population dans les pays de l’OCDE imposera un fardeau de plus en plus lourd. Les gouvernements doivent profiter de l’embellie économique pour restaurer la viabilité des finances publiques. Le vieillissement de la population causera également un ralentissement significatif de la croissance économique, à moins que les politiques ne changent. Une partie de la solution consistera à augmenter le taux d’emploi dans nos pays. Les ministres de l’Emploi de l’OCDE se sont donc réunis
en 2003 pour considérer les moyens de créer des emplois plus nombreux et meilleurs, en particulier pour les travailleurs moins qualifiés et plus âgés.
Restaurer la confiance
Le capitalisme du marché est fondé en grande partie sur la confiance. Les gouvernements ont agi pour restaurer la confiance dans les institutions de marché mise à mal par les scandales dans le milieu des affaires, qui ont causé de sérieuses pertes pour les investisseurs. À l’OCDE les gouvernements ont travaillé ensemble, et en collaboration avec les entreprises, les syndicats et la société civile, pour renforcer les Principes de gouvernement d’entreprise de l’OCDE.
Nos économies et nos communautés dépendent de plus en plus des technologies, qui se sont révélées être un élément clé de l’innovation des entreprises. Là encore, la confiance est primordiale. La science progresse vite et les gouvernements doivent suivre le rythme, à travers l’information, des consultations et des réglementations appropriées pour assurer l’acceptation des nouvelles technologies par le public. Les consommateurs sont friands des technologies de l’information, mais ils veulent être sûrs que leur vie privée est respectée lorsqu’ils achètent en ligne ou surfent sur Internet. Les gouvernements de l’OCDE, en collaboration avec les représentants des fabricants, des entreprises et des consommateurs, ont adopté en 2003 des lignes directrices pour préserver la sécurité en ligne. Ils ont aussi examiné les moyens de maîtriser le spam (messages électroniques non sollicités).
Les citoyens doivent également pouvoir faire confiance à leur gouvernement, ainsi
qu’aux administrations du secteur public qui mettent en œuvre les politiques
gouvernementales. En 2003, les gouvernements de l’OCDE ont adopté des lignes
directrices pour lutter contre les conflits d’intérêt dans le secteur public, un facteur
important pour assurer la confiance du citoyen.
Préserver la cohésion sociale
Faire augmenter le taux d’emploi constitue une priorité des pays de l’OCDE pour favoriser la croissance économique, mais aussi pour maintenir la cohésion sociale, particulièrement face au vieillissement de la population. Ce phénomène pèsera aussi sur les dépenses de santé. L’OCDE a désormais achevé un Projet sur la santé sur trois ans qui examine comment les gouvernements peuvent fournir un accès pour tous aux soins de qualité de manière efficace et rentable. Les dépenses de santé montent en flèche à mesure que la technologie avance et la demande pour les soins augmente. Mais les dépenses des pays de l’OCDE varient sensiblement et ces derniers parviennent à des résultats étonnamment différents. Ce domaine présente de grandes possibilités d’apprendre des uns et des autres les bonnes pratiques.
Rendre le développement durable
Les résultats décevants des négociations commerciales multilatérales à Cancún (Mexique) ont constitué un revers pour tous les participants. Les pays qui ont le plus à perdre du retardement de la réalisation du Programme de Doha pour le développement sont les pays en développement qui ne sont pas encore bien intégrés dans le système commercial multilatéral. Si les pays de l’OCDE ouvraient leurs marchés agricoles, les gains de bien-être pour les pays en développement sont estimés à plus de USD 100 milliards. Les économies émergentes et en développement bénéficieraient également d’une ouverture de leurs
marchés. L’OCDE produit des analyses de taille sur les avantages de la libéralisation des échanges. Mais l’ouverture des marchés, à elle seule, ne peut apporter le développement, qui demande l’utilisation d’un large éventail d’institutions et de politiques. L’OCDE  travaille avec les pays en développement et d’autres organisations internationales pour aider ces pays à développer leurs infrastructures institutionnelles.
Flexibilité et réforme
Dans une économie mondialisée en constante évolution, le rôle de l’OCDE change aussi. L’Organisation continue de réformer sa gestion, y compris les questions délicates telles que la répartition de la charge budgétaire de l’OCDE, les règles relatives à la prise de décision, et la manière de répondre aux pressions pour élargir le nombre de ses membres. Tous ces efforts sont réalisés dans le but de faire de l’OCDE un instrument de coopération internationale encore plus efficace.