Long abstract

Social Disadvantage and Education Experiences (OECD Social, Employment and Migration Working Papers No. 32)

(In English and French)

1. This paper discusses how social disadvantage affects the learning experiences of households with fewer economic resources, at each stage of the individuals' life-course, and on some of the "social" effects of such learning. It argues that while education can be an escalator out of social disadvantage — leading to better job prospects for youths facing greater risks of poverty and reducing the prevalence of income poverty in adult age — educational failure can reinforce it: a significant minority of students in several OECD countries do not even complete compulsory education; students' test scores in lower secondary education are strongly shaped by family characteristics; and the expansion of university education has most often benefited households with better educated parents. Far from "equalising" opportunities, education can be a powerful driver of social selection. When returns to education increase over time, this may lead to greater inter-generational persistence of poverty and less equality of opportunities.
2. The paper discusses the role of policies that pay special attention to the learning experiences of individuals from disadvantaged backgrounds, as part of a broader strategy to fight poverty and social exclusion. These policies fall into two main categories:
• Educational policies. These policies can be designed with the aim of offsetting some key aspects of family disadvantage that hold back educational achievement, and these policies do not necessarily hold back students' achievement at the higher end of the proficiency scale. Some OECD countries have much more equitable policies regulating school admission than others, and sorting of students by proficiency levels occurs at a later age. Interventions that aim to bolster both cognitive and non-cognitive skills of students from disadvantaged backgrounds can play an important role in limiting social exclusion and facilitating the task of social policies at a later stage of the individuals' life-course.
• Social policies. These policies can be designed so as to strengthen their learning content. Emphasis is here placed on policies that offer cash transfers to families with children that are conditional on sending children to school; learning programmes targeted at youths who dropped out of formal schools; adult training targeted to individuals with lower educational attainment; policies that provide recognition for competences learned on-the-job; as well as programmes that aim to alter parental attitudes to education (e.g. parenting programmes) or that offer out-of-school programmes that can influence peer groups of children.
3. A crucial feature when designing programmes focused on the learning experiences of individuals is their timing. Over the years, a substantial body of evidence has accumulated that testifies to the importance of programmes targeted to pre-school children from disadvantaged background. This is less agreement on the effects of programmes targeting disadvantaged individuals in a later stage of their life-course. The paper reviews evidence from three such programmes: school based programmes targeting disadvantaged students, financial support and 'mentoring' provided to disadvantaged students, and programmes for adults and high-school drop-outs. Evidence from programme evaluations suggests that such programmes can improve both employment and earnings prospects of individuals from poor families when they are properly designed, well-targeted, adequately financed, and monitored through appropriate evaluation strategies.

1. Ce document présente une analyse de la relation entre désavantage social et parcours éducatifs des individus issus d’un milieu familial défavorisé à chaque étape de leur vie, et décrit certaines des conséquences de ces parcours pour la société dans son ensemble. Une conclusion générale est que si la formation peut servir d’ascenseur social –– en offrant de meilleures perspectives d’emploi aux jeunes les plus menacés de dénuement et en réduisant la prévalence de la pauvreté économique à l’âge adulte –– l’échec scolaire peut en revanche renforcer le désavantage social : dans plusieurs pays de l’OCDE, une minorité importante d’élèves n’arrive même pas au terme de l’enseignement obligatoire ; dans le premier cycle du secondaire, les résultats des élèves aux tests dépendent beaucoup des caractéristiques de la famille ; et le développement des études universitaires a le plus souvent profité aux ménages dont les parents étaient relativement mieux instruits. Loin d’ « égaliser » les chances, l’éducation peut être un puissant moteur de sélection sociale. Dans un contexte où le rendement de la formation augmente avec le temps, cette dynamique pourrait conduire à une persistance de la pauvreté de génération en génération plus accentuée ainsi qu'une diminution de l’égalité des chances.
2. Ce rapport analyse aussi le rôle des politiques qui sont plus particulièrement axées sur les parcours d’apprentissage des personnes issues des milieux défavorisés, dans le cadre d'une stratégie plus vaste de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Ces mesures peuvent être groupées dans deux grandes catégories:
• Les politiques d’éducation. Ces politiques peuvent être conçues dans le but de compenser certains aspects essentiels des désavantages dus au milieu familial, qui freinent la réussite scolaire, sans pour autant nécessairement entraver celle des meilleurs élèves. Dans certains pays de l’OCDE, les règles d’admission à l’école sont beaucoup plus équitables que dans d’autres et la répartition des élèves par niveau de compétence se fait à un âge ultérieur. Les mesures destinées à renforcer les compétences à la fois cognitives et non cognitives des élèves issus des milieux défavorisés peuvent jouer un rôle important en limitant l’exclusion sociale et en atténuant le recours à des mesures sociales à un stade ultérieur de la vie des intéressés.
• Les politiques sociales. Ces politiques peuvent dans leur conception avoir un contenu formation plus important. Sont en l’occurrence privilégiés : les politiques qui prévoient l’octroi de ressources financières aux familles à la condition que ces dernières envoient leurs enfants à l’école ; les programmes de formation ciblés sur les jeunes sortis prématurément du circuit scolaire ordinaire ; la formation pour adultes ciblée sur les individus ayant un faible niveau d’instruction ; les politiques de validation des acquis professionnels ; ainsi que les programmes dont l’objet est de modifier l’attitude des parents à l’égard des études (programmes de formation à l’art d’être parents, par exemple) ou qui proposent des activités extra-scolaires, pouvant exercer une influence sur des groupes d’enfants du même âge.
3. Un aspect essentiel des programmes axés sur les parcours d’apprentissage est le stade de la vie auquel ils sont mis en oeuvre. Au fil des ans, on a accumulé une masse considérable de données qui témoignent de l'importance de cibler les programmes sur les enfants issus des milieux défavorisés dès la préscolarisation. Il y a moins d'accord pour ce qui est des effets des programmes ciblés sur des personnes défavorisées à un stade ultérieur de leur vie. Ce document passe en revue des données factuelles concernant trois types de programmes : les programmes mis en oeuvre dans les établissements scolaires en faveur des élèves défavorisés ; les aides financières et le mentorat assurés à ces élèves ; et les programmes pour les adultes et les personnes qui ont abandonné leurs études dans le deuxième cycle du secondaire. Les évaluations disponibles suggèrent que lorsque ces programmes sont correctement conçus, bien ciblés, adéquatement financés et suivis grâce à des stratégies appropriées d’évaluation, ils peuvent améliorer à la fois l’emploi et les perspectives de gains des personnes issues de familles démunies.

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